Comment comprendre une carte grise allemande ?

La carte grise allemande, appelée « Zulassungsbescheinigung », intrigue beaucoup d’acheteurs français, surtout ceux qui souhaitent importer une BMW, une Audi ou une Volkswagen depuis l’Allemagne.

Le document se compose de deux parties, le Teil I (équivalent de notre certificat d’immatriculation à garder dans le véhicule) et le Teil II (document de propriété, proche de l’ancien « Fahrzeugbrief »). Pour répondre directement au sujet, comprendre une carte grise allemande signifie repérer les champs essentiels : numéro de châssis (Fahrgestellnummer), date de première mise en circulation, puissance, masse, émissions, mais aussi le nom du titulaire.

Dans cet article, vous voyez comment lire en détail une carte grise allemande, quels documents exiger au vendeur, comment immatriculer le véhicule en France et combien coûte la procédure.​

À retenir sur la carte grise allemande

  • Une carte grise allemande se compose de deux volets : le Zulassungsbescheinigung Teil I (données techniques du véhicule) et le Teil II (propriété et historique de titulaires).
  • La plupart des champs (B, D.1, D.2, E, P.2, V.7, etc.) suivent la structure européenne, vous pouvez donc les rapprocher facilement des cases de la carte grise française.
  • Les deux volets doivent mentionner le même numéro de châssis (VIN), une différence entre les documents doit alerter avant l’achat.
  • Pour immatriculer en France, vous avez besoin d’une carte grise allemande complète, d’un quitus fiscal français et d’un certificat de conformité européen (COC).
  • Le coût final d’une immatriculation française après import dépend de la puissance fiscale, de votre région et, pour les véhicules récents, du niveau de CO₂ soumis au malus.
lire une carte grise allemande
lire une carte grise allemande

Comment lire une carte grise allemande ?

Une carte grise allemande suit un format harmonisé européen, mais présente des intitulés en allemand qui déroutent au premier coup d’œil. Le Zulassungsbescheinigung Teil I regroupe les informations à garder dans le véhicule, comme la plaque d’immatriculation, la marque, le modèle, la date de première mise en circulation, la puissance, la masse, ainsi que le nombre de places.

Le Teil II, lui, précise les propriétaires successifs, les éventuelles mentions juridiques, et sert de document de propriété, indispensable pour un changement de titulaire.​

Voici un tableau de correspondance utile :

Champ Allemagne (Teil I)SignificationÉquivalent carte grise France
Feld ANuméro d’immatriculationCase A
Feld BDate de première immatriculationCase B
Feld D.1 / D.2 / D.3Marque, type, dénominationCases D.1, D.2, D.3
Feld ENuméro de châssis (VIN)Case E
Feld P.2Puissance en kWCase P.2
Feld S.1Nombre de places assisesCase S.1
Feld V.7Émissions CO₂ (g/km)Case V.7

En vérifiant ces données, vous validez que le véhicule correspond à l’annonce et aux documents fournis par le vendeur. À votre place, un contrôle de cohérence entre le VIN, le modèle, l’année de production, et les photos du véhicule semble judicieux.

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Quels documents demander au vendeur en Allemagne pour la carte grise allemande ?

Avant toute transaction, vous avez intérêt à rassembler un dossier solide, surtout pour préparer l’immatriculation en France.

Zulassungsbescheinigung Teil I et Teil II

Le Zulassungsbescheinigung Teil I correspond à la partie circulation, à l’image de notre certificat d’immatriculation, et doit accompagner le véhicule. Le Teil II représente la preuve de propriété, sans lui, vous ne pouvez pas prouver que le vendeur dispose du droit de vente, surtout pour un véhicule d’occasion.

Les deux documents doivent porter le même numéro de châssis, la même identité de véhicule, et des mentions cohérentes. Une vente avec seulement le Teil I ou seulement le Teil II doit alerter, car des cas de fraude circulent sur le marché de l’import.​

Contrôle technique allemand (TÜV / HU/AU)

Le contrôle technique allemand, appelé TÜV ou HU/AU (Hauptuntersuchung / Abgasuntersuchung), prouve que le véhicule respecte les normes de sécurité et de pollution en Allemagne. Un contrôle récent, par exemple de moins de 6 mois, rassure, surtout pour une Audi A4 de plus de 10 ans ou un SUV diesel à kilométrage élevé.

La date figure sur un autocollant apposé sur la plaque arrière et sur la carte grise, pratique pour vérifier rapidement. En France, ce contrôle ne remplace pas complètement le contrôle technique français, mais les préfectures et l’ANTS l’acceptent comme justificatif jusqu’à un certain délai, surtout pour l’immatriculation provisoire.​

Facture ou contrat de vente (Kaufvertrag)

La facture pour un professionnel, ou le Kaufvertrag pour un particulier, décrit le prix, le kilométrage, le numéro de châssis, et identifie clairement les parties. Un achat chez un concessionnaire officiel BMW, Audi ou Volkswagen, par exemple à Stuttgart ou Ingolstadt, s’accompagne d’une facture détaillée, souvent avec TVA indiquée.

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Pour un particulier, le contrat de vente doit mentionner le caractère accidenté ou non du véhicule, les réparations connues, et l’absence de gage. Ce document sert ensuite en France pour le quitus fiscal et la demande de carte grise.​

Certificat de conformité (COC) ou Datenbestätigung

Le certificat de conformité européen (COC) facilite grandement l’immatriculation en France, car il prouve que le véhicule répond aux normes européennes. Les constructeurs comme Mercedes-Benz (Stuttgart), Volkswagen (Wolfsburg), ou BMW (Munich) délivrent ce document, parfois gratuitement pour les véhicules récents, parfois contre paiement pour les plus anciens.

Sans COC, vous devez demander une attestation d’identification auprès du constructeur ou de la DREAL, ce qui rallonge les délais et les coûts. À votre place, exiger ce document dès la négociation avec le vendeur simplifie toute la suite.​

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Comment immatriculer une voiture avec carte grise allemande en France ?

Une fois le véhicule ramené en France, vous devez suivre plusieurs étapes administratives pour obtenir un certificat d’immatriculation français.

Obtenir le quitus fiscal

Le quitus fiscal s’obtient auprès du service des impôts des entreprises (SIE) de votre domicile, généralement sous quelques jours. Ce document atteste que la TVA est réglée ou non exigible, notamment si le véhicule est d’occasion et déjà mis en circulation depuis plus de six mois ou avec plus de 6 000 km.

Pour le demander, vous présentez la facture ou le contrat de vente, la carte grise allemande, votre pièce d’identité et un justificatif de domicile. Sans ce document, aucune immatriculation définitive ne peut être enregistrée dans le système français.​

Réunir le dossier pour l’ANTS

Une fois le quitus obtenu, vous préparez le dossier pour l’ANTS, le portail officiel des titres (carte grise, permis, etc.). Vous scannez la carte grise allemande (Teil I et II), le certificat de conformité, le quitus fiscal, le contrôle technique, la pièce d’identité, le justificatif de domicile, et le formulaire Cerfa adéquat.

La demande se fait entièrement en ligne, via votre compte ANTS ou FranceConnect. Un mandataire ou un professionnel habilité peut aussi se charger de cette étape si vous préférez déléguer.​

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Payer les taxes et recevoir la carte grise

Dans la dernière phase, le système calcule automatiquement les taxes à régler : taxe régionale, taxe fixe de gestion, redevance d’acheminement, et éventuellement malus écologique pour les véhicules récents fortement émetteurs.

Vous payez par carte bancaire directement sur la plateforme ANTS, puis vous recevez un certificat provisoire d’immatriculation (CPI) à imprimer. La carte grise définitive arrive ensuite par courrier suivi à votre domicile, généralement sous quelques jours. Ce document remplace la carte grise allemande, que vous gardez en archive en cas de contrôle ou de vente future.​

Savez-vous aussi combien coûte la carte grise d’une voiture électrique.

voiture avec une carte grise allemande
voiture avec une carte grise allemande

Combien coûte l’immatriculation d’une voiture avec une carte grise allemande en France ?

Le coût de l’immatriculation dépend de la puissance fiscale, de la région de résidence, de l’âge du véhicule et de ses émissions de CO₂. La base de calcul reste la même qu’un véhicule français : nombre de chevaux fiscaux × tarif du cheval fiscal régional, plus les taxes fixes et le malus éventuel.

Par exemple, pour une BMW Série 3 diesel de 8 CV fiscaux importée d’Allemagne, immatriculée dans une région où le cheval fiscal coûte 46 €, la taxe régionale atteint 8 × 46 = 368 €, à laquelle s’ajoutent environ 30–40 € de frais fixes, soit un total autour de 400 € hors malus.​

Pour une petite citadine essence de 5 CV, comme une Volkswagen Polo importée de Cologne, le coût se rapproche plutôt de 5 × 46 = 230 € + frais fixes, soit environ 260–280 € selon l’année de première immatriculation. Le malus écologique vient se rajouter pour les véhicules récents fortement émetteurs, ce qui peut rendre une Audi Q5 ou un gros SUV très cher à immatriculer par rapport à une compacte.

Comment lire une carte grise allemande (Zulassungsbescheinigung Teil I et II) ?

Comprendre une carte grise allemande rassure, vous aide à acheter un véhicule en Allemagne sans flou administratif, et prépare correctement l’immatriculation en France. Vous savez désormais distinguer le Zulassungsbescheinigung Teil I et Teil II, lire les champs clés, et exiger les bons documents : contrôle technique TÜV, facture, contrat de vente, certificat de conformité.

Vous connaissez aussi les grandes étapes : quitus fiscal, dépôt du dossier sur l’ANTS, paiement des taxes, réception de la carte grise française, avec des exemples de coûts pour différentes motorisations et puissances fiscales.​

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